30 juin 2007

Changement d'adresse

Nous avons choisi de fusionner le blog du Portail et la Tribune Libre...
Le blog se trouve donc à présent à cette adresse :
http://fdt-tribunelibre.blogspot.com/

22 juin 2007

Le Portail s'étoffe !

Dans un souci de vous apporter un outil toujours plus complet, nous avons ajouté au Portail une page Blogmarks qui recense nos liens utiles pour la traduction, sous forme de favoris en ligne. Ce système présente plusieurs avantages :
- Ces liens sont mis à jour beaucoup plus régulièrement que dans nos pages de ressources, dont le système de classement est plus classique.
- Il est facile de trouver des ressources en rapport avec un thème voulu : il suffit pour cela de taper un intitulé dans la fenêtre de recherche de la page, ou de chercher cet intitulé dans notre "nuage de tags" (un regroupement de tous les libellés attribués à nos favoris). S'affichent alors tous les liens touchant à ce thème.
- Cerise sur le gâteau, l'interface est conviviale et intuitive.

Nous avons ajouté au Portail une fenêtre de recherche de l'excellent moteur Exalead, qui vous permet d'effectuer une recherche dans l'ensemble du Web, ou plus spécifiquement dans notre page Blogmarks, et ce directement depuis
la page d'accueil.

Enfin, vous trouverez en bas de la page d'accueil un moteur de recherche Swicki que nous avons mijoté à la sauce traduction, et qui va chercher pour le terme que vous lui soumettez dans des pages en rapport à la traduction, dans les dictionnaires et les lexiques.
C'est qui plus est un moteur qui s'améliore grâce à ses utilisateurs : vous pouvez promouvoir les réponses qui vous semblent les plus pertinentes.

Bonnes recherches grâce au Portail !

28 novembre 2006

Portail Littérature et traduction de l'UNESCO

Certains d'entre vous le connaissent sans doute déjà, mais un rappel ne fait jamais de mal...

L'UNESCO a mis en ligne un portail consacré à la traduction et aux littératures du monde entier, disponible en français, anglais et espagnol, où l'on trouve des liens vers de très nombreux organismes et sites Internet proposant des ressources littéraires, culturelles et linguistiques.

Je cite ici le texte de présentation de leur page d'accueil :

"Bienvenue au centre d'échange d'informations de l'UNESCO sur la traduction littéraire, développé dans le cadre de l'Alliance globale pour la diversité culturelle, un lieu d’information, d’orientation et de rencontre pour tous ceux (traducteurs, éditeurs, chercheurs, responsables de centres de documentation, enseignants) travaillant à la découverte et à la diffusion des littératures inconnues."
Vous trouverez ce portail ICI.

31 octobre 2006

Assises de traduction littéraire

Les 23èmes Assises de la traduction littéraire se tiendront à Arles les 10, 11 et 12 novembre 2006. Cette année, le thème sera : PAROLES EN MUSIQUE

Pour plus de renseignements et connaître le programme, allez voir sur le site d'ATLAS.

21 octobre 2006

Réflexions sur le rôle du traducteur

J.Peder Zane

Une réflexion (du point de vue d'un lecteur, cette fois, et quel lecteur !) sur le rôle du traducteur :

Condensé de l'article de PEDER ZANE, "Novels found in translation ", paru dans le New Observer :


Cela aurait dû être pour lui, Sverre Lyngstad, l'événement de l'année. Ce n'est pas tous les jours qu'on trouve son oeuvre citée longuement dans le New Yorker. Mais quelque chose s'est perdu dans la traduction.

( Zane raconte que Sverre Lyngstad ouvre le magazine et trouve un long article sur le prix Nobel norvégien Knut Hamsun, auteur sur lequel il a publié une étude critique et dont il a traduit 9 des meilleurs romans. Bien sûr, le New Yorker a largement puisé dans les traductions de Lyngstad, mais sans jamais mentionner son nom. Celui-ci prend contact avec le magazine, et s'entend dire que les éditeurs avaient eu peur d'"encombrer" l'article en citant son nom. Non sans mal, il a finalement obtenu que le New Yorker publie une version abrégée de sa lettre aux éditeurs.)

"L'article donnait l'impression que les tradutions étaient tombées du ciel ou que l'auteur les avait faites lui-même", raconte Lyngstad. "C'est toujours gratifiant d'être reconnu pour son travail. Lorsque cette reconnaissance est absente, on touche au coeur du problème de la fonction et du statut du traducteur, en ayant l'air de suggérer qu'on a le droit de citer des textes traduits sans aucune référence à la personne qui les a créés."

Les traducteurs, écrit Peder Zane, jouent un rôle tellement central dans notre connaissance des oeuvres étrangères que nous éprouvons une envie instinctive de les faire disparaître du tableau." (Picking up "Madame Bovary" or "Crime and Punishment," we seek to surrender ourselves to the towering genius of Flaubert or Dostoevsky.) Nous ne voulons pas qu'on nous rappelle que notre ignorance du français ou du russe suppose que nous ne pourrons jamais apprécier pleinement leurs oeuvres, sauf par des versions créés par des traducteurs doués, mais obscurs.
(Almost all first-rate translators convey the story and spirit of the works at hand -- capturing Bovary's yearning or Raskolnikov's torment. But then we remember Flaubert, who famously laboured to find le seul mot juste (the one right word). Even a cursory glance of competing translations displays thousands of differing word choices, many of which alter the rhythm, the syntax and, to varying degrees, the meaning of the work.)

Pour prendre un exemple parlant, voici la traduction de Lyngstad de la troisième phrase du roman de Hamsun, Victoria "When he grew up he wanted to be a maker of matches" (Quand il serait grand, il serait fabriquant d'allumettes. ). Voici comment un traducteur plus ancien, Oliver Stallybrass, l'a traduite: "When he grew up he would work in a match factory." (Quand il serait grand, il travaillerait dans une fabrique d'allumettes). Je ne peux pas dire quelle est la version la plus fidèle, mais les différences sont évidentes. Lyngstad nous donne à voir un garçon ambitieux déterminé à mettre le feu au monde. Stallybrass nous présente un enfant dont le morne destin semble tout tracé.

Les traducteurs sont des prêtres qui médiatisent notre relation avec les dieux littéraires. Nous dépendons d'eux lorsque nous voulons un contact direct. Ils sont plus importants que jamais, en cette époque de globalisation. Lire de la littérature étrangère est le meilleur moyen de comprendre , d'appréhender des cultures lointaines "de l'intérieur".

(Suit un passage sur les chiffres, 195,000 livres anglais publiés en 2004 contre 891 oeuvres "of adult literature" traduites.)

Quoi qu'il en soit, poursuit Peder, grâce au travail héroïque et souvent mal payé des traducteurs, nous pourrons lire de nombreux textes merveilleux ce printemps.
( They include "Suite Française," Irene Nemirovsky's novel of life in Nazi-occupied France (Knopf, April, translated from the French by Sandra Smith); "The Possibility of an Island," best-selling French author Michel Houllebecq's futuristic tale of the modern world (Knopf, May, translated by Gavin Bowd); and "Seeing," the latest novel from Portuguese Nobel laureate Jose Saramago, (Harcourt, April, translated by Margaret Jull Costa).)

De plus, les traducteurs insufflent aux oeuvres anciennes une vie nouvelle . (The Nobel prize-winning poet Seamus Heaney resurrected "Beowulf" in 2000 through a version powerful enough to transform the bane of ninth-grade English into a national best seller. Richard Pevear and Larissa Volokhonsky's fresh translation of "Anna Karenina" led Oprah Winfrey to make Tolstoy's masterpiece one of her book club picks. And Anthony Briggs is generating new interest in another Tolstoy classic, "War and Peace" (Viking) through his new translation of that sprawling epic.)

Tout ceci nous rappelle le paradoxe fondamental de la relation entre lecteurs et traducteurs: Nous ne pouvons vivre avec eux, et nous ne pouvons vivre sans eux."

(Book review editor J. Peder Zane can be reached at pzane@newsobserver.com.)

20 octobre 2006

Les implications de la traduction

L'île de Goré

  • Qu'est-ce que traduire ?


    Nous allons ici essayer de sortir un peu des lieux communs, tradutore, traditore, par exemple, sujet inépuisable et un peu vain, puisque des livres, des articles de journaux, sont traduits tous les jours, pour nous interroger sur quelques implications possibles de cette fonction de "passeur".

  • Adriaan Van Dis, journaliste néerlandais et auteur de nombreux récits de voyage, nous propose un point de vue paru dans la revue de l'Institut Camoês ( juillet-septembre. 1999), dont voici un résumé :
LANGUES VOLEES
  • "Dans la discussion concernant le choc menaçant des cultures, à la suite duquel les cultures des pays pauvres du Sud se sont barricadées ou emploient des armes verbales contre l'arrogance des pays riches du Nord, les traducteurs peuvent remplir un rôle aussi utile que prudent [...]", telle est l'opinion de Adriaan Van Dis qui, dans ce contexte, considère le traducteur comme un batisseur de ponts entre le monde riche et le monde pauvre.
  • Evoquant son séjour dans l'île de Goré, sur la côte du Sénégal, que des trafiquants d'esclaves hollandais ont achetée au Portugal, Van Dis rapporte que lorsqu'il disait aux habitants de l'île qu'il écrivait en hollandais, tout le monde riait à gorge déployée, car personne ne savait écrire dans sa langue native.
  • "Le français, dans les pays francophones, de même que l'anglais et le portugais dans les autres ex-colonies, est la langue des intellectuels. Peu d'écrivains, sans doute, publient dans leur langue maternelle.[...] Donc, les lecteurs des auteurs africains se trouvent dans les grandes villes et surtout à l'étranger, et pour la plupart des auteurs, leurs lecteurs sont à Londres et à Paris. Ce sont des écrivains qui ont échangé les sons, les mélodies et les rythmes de leur jeunesse contre une langue à laquelle les colonisateurs les ont forcés".
  • Ce que Van Dis trouve encore plus étrange, c'est le fait que ce soit les Africains qui opposent plus de résistance aux tentatives d'établissement des littératures dans leurs langues maternelles, ce qui contraste avec le sentiment croissant de malaise parmi les jeunes africains qui se plaignent du peu d'attention et de respect à l'égard de leurs cultures. Les universités américaines sont d'ailleurs innondées de théories afro-centristes qui souhaiteraient que les peuples d'Afrique puissent retrouver leur équilibre et leur estime de soi au moyen d'un "sentiment d'orgueil".
  • C'est dans ces circonstances que le traducteur, plus que le constructeur de ponts entre certaines langues et d'autres, peut également être "un hérault qui souffle les mots d'une langue moins employée vers l'ampleur du monde, enrichissant un grand pays de la littérature d'un plus petit. Il peut remettre un pays sur la carte du monde. Il peut racheter une civilisation de son isolement et l'aider à redécouvrir son orgueil et son identité".